Didier et Maryse ont dû revenir en France après six années passées en Amérique du Sud. Aujourd’hui, ils vivent en Bretagne, avec leurs enfants, Samuel, Noé, Maria et Yansen. Yurgen a poursuivi ses études en France, et il a choisi de s’orienter dans le domaine de…l’électricité !
Hélas, quelques semaines seulement après avoir terminé d’écrire ce livre, il nous a quittés, emporté
par un cancer contre lequel il luttait depuis plusieurs années.
L’un de ses derniers souhaits était de transmettre son histoire, avec l’espoir qu’elle enrichisse la vie des autres. C’est aujourd’hui chose faite. M.C.

Documentaire
La Bolivie en quelques mots…
La Bolivie est un pays grand comme 2 fois la France. Il compte 9 millions d’habitants, dont 4 sur 10 ont moins de 15 ans. La capitale, La Paz (3 600 mètres d’altitude), rassemble environ 1 million de personnes, chiffre qu’il faut au moins multiplier par deux quand on y ajoute les habitants du bidonville d’El Alto.
La Bolivie est composée de cinq régions distinctes :

l’Altiplano, les vallées des hauts plateaux, les Yungas, le Chaco et les plaines forestières de l’Amazonie. Les trois premières constituent la cordillère des Andes, cette immense chaîne de montagnes qui est le berceau culturel de l’Amérique latine.
Un peu d’histoire...
L’Altiplano est un lieu de peuplement depuis des millénaires. Entre -1 400 et -400 av. J.-C., l’occupation des vallées des hauts plateaux par les Indiens aymaras marque le début des grandes civilisations andines. Celles-ci impressionnent par leur maîtrise technique. Les habitants gravent l’or, sculptent la pierre, construisent des temples... à l’image de l’Égypte à la même époque.
Les Incas, depuis la cité impériale de Cuzco, parviennent alors à étendre leur pouvoir vers la Bolivie, l’Équateur et la Colombie. Mais, malgré sa puissance et sa domination, l’État politique inca tombera aux mains des Espagnols au XVIe siècle. À leur arrivée, les conquistadors découvrent une très grande quantité d’argent dans les mines de Potosí, et bien d’autres richesses dont profite le royaume d’Espagne. Les colonisateurs imposent la religion catholique, de même que la langue espagnole.
Les luttes pour l’indépendance débutent en 1809, mais l’indépendance n’est acquise qu’en 1825, grâce aux armées de Bolívar, d’où le pays tire son nom. La démocratie ne s’installe pas facilement pour autant. De nombreux coups d’État se succèdent au cours du XIXe siècle. Finalement, le dernier gouvernement militaire prend fin au début des années 1980.
Depuis, la Bolivie est une république ; en 2005,

Evo Morales, premier président d’origine amérindienne (Aymara), a été élu. Et aujourd’hui...La Bolivie est riche en matières premières : gaz naturel, soja, pétrole, zinc, étain... Pourtant, ce pays est parmi les plus pauvres de la planète. Fatalité ? Incompétence ? Injustice ? La Bolivie se voit chaque jour dépouillée de ses richesses, vendues à des entreprises étrangères ; par exemple, vingt-six compagnies multinationales y exploitent le gaz et le pétrole.
Que reste-t-il pour le peuple bolivien ?... Souvent pas grand-chose.
Cela explique la situation que vivent de nombreux enfants dans ce pays. Ils sont aujourd’hui plus de 17 millions de petits Sud-Américains qui commencent la journée l’estomac vide et essaient de gagner de quoi manger dans la rue. Au lieu de jouer et d’étudier, ils doivent travailler. Ils lavent des voitures, collectent les immondices, travaillent à l’usine ou vendent des fleurs dans les rues. Souvent, ils se droguent pour supporter cette vie.
Et demain...
À La Paz, les causes principales du travail des enfants sont liées à l’augmentation de la pauvreté et du chômage au cours des dernières années. Et également à l’arrivée massive des gens de la campagne qui viennent en ville chercher une vie meilleure, et n’y trouvent que la pauvreté. Pendant

ce temps, de grandes multinationales continuent de s’enrichir en exploitant les richesses naturelles du pays. Le chômage des adultes oblige ces enfants à travailler, tout simplement pour ne pas mourir de faim. Cette situation met en danger la santé de ces enfants mais en plus, les prive du droit d’étudier, du droit de jouer, et, pire encore, compromet leur avenir.
Une façon de perpétuer la pauvreté de ce pays. Sans permettre aux enfants de jouer et de s’instruire, la Bolivie restera pauvre.
Dominique CADIOU <domi.cad2@gmail.com>